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Poèmes de janvier

LARGE A BRIGNEAU

 

 

Pourquoi dit-on étendue marine

Quand tu es vert opaque ?

Pourquoi dit-on que tu es plate alors que tu houles ?

Tu ne livres tes secrets qu’au compte-goutte

De tes fragments d’écume…

Je me fonds dans ton liquide

Dans ton tempo bruissant

Mes yeux s’usent à saisir l’instant

Toujours renouvelé

Têtu

Fascinant

Tu attires et tu mens.

Ainsi vont les histoires d’amour.

 

Cependant ?…

 

18/01/18

 

Liras-tu jamais ces quelques lignes

Ou vers, mais si je ne rime

pas, est-ce bien la peine ?

 

Liras-tu un jour ces quelques mots

Qui te parlent de cette Lumière

Qui m’éclaire de l’intérieur

Qui me guide sur mon chemin

Vers toi, vers tout ce que j’aime,

Vers tous ceux que j’aime.

 

Liront-ils jamais ces quelques vers ?

Osons le mot même sans la rime

Sinon

A quoi sert que j’écrive

A quoi rime cet élan

Qui me pousse vers toi,

Vers tous ceux que j’aime

Et même

Les autres, ceux

Que je ne connais même

Pas ?…

21/01/18


21/01/2018
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Poèmes au Portugal...

Pendant notre voyage au Portugal, Valentin s’est mis à m’envoyer ses poèmes. Je les adore ! Cela m’a donné envie de reprendre l’écriture poétique...

 

Orientation      

                                                                                                    DSC03718.JPG

 

Le front ceint d'un collier d'améthyste,

J'avance, juste vêtue d'une cape-géode

Fluide, parmi le monde étrange, géométrique,

Saisie des mille facettes de son feu froid, j'ose

 

Imaginer la joie que projette sur nous ses couleurs

Violettes, fleurs tendres, ouvrant les bras

Pour accueillir l'autre, irisé de lueurs

Profondes, joueuses, liquides comme un cap.

 

Confiante, je suis la lumière du phare

Aux embruns salés qui bercent ma nuit

D'étoiles douces à mes lèvres sans fard

J'approuve ce guidage léger sur mon chemin choisi.

 

13-14/05/17

Belém

 

Printemps

 

DSC04253.JPG

 

Mon corps émeraude se meut librement

Se vêt de fleurs d'eau pâle, pétales délicats

Qui palpitent, secrets, au gré des vents violents

Ou cadencent, subtils, jusqu'au chant de mes pas

Tranquilles.

 

Je suis une jeune rivière aux tendres reflets d'arbres

Qui emporte leurs frêles saveurs minérales

Qu'elle coure ou se repose au fond des lacs

Sensible à tous les frissons, frôlements d'ailes

D'oiseaux.

 

22/05/17

Lagoa Santo André

Alentejo

 

 

Porto Covo - rue piétonne.jpg

 

J'atteins le sommet de ma tourmaline

Mes ailes de chauve-souris s'en extirpent

A grand peine

Les désencrer, première urgence, les étaler

Si je veux

Prendre un envol

 

Dans la nuit étoilée ma tourmaline luit tout au fond de mes yeux

 

Je sais sa présence sans fil

Je pressens l'infini

Hélicoïdal qu'elle m'offre

Dans la tourmente comme sous la pluie

 

Goutte à goutte ma trace s'écrit, elle trotte

Noire sur la feuille blanche

Gris souris sur le tapis de mon ordi

Calligraphie déliée de son ancre

Que vogue ma fantaisie !

 

23/05/17

Porto Covo

Alentejo

 

DSC04991.JPG

 

Une ombre oblongue glisse sur la plage

Et prolonge mes ailes de dentelle, blanches d'écume fraîche

Frisson de rire salé

Le turquoise est ma marée préférée.

 

27/05/17

Grande praia da Pêra (Algarve)

près d’Amorçao da Pêra

 

 

Algarve

 

DSC04980.JPG

 

L’ocre granuleux se détache, s’émiette

En falaises fragiles,

Orange sombre en équilibre au bord des plages

Futiles

Tranche sur les bleus maritimes où mouettes

Et ailes delta suivent leur fil

Sans perdre pour autant le rivage

Agiles.

 

L’ocre granuleux déroule sous nos pieds

Les collines et chemins montagneux,

Piqueté du vert d’ombre d’arbustes travaillés

Par un vent incessant, un soleil carnassier,

Un manque d’eau teigneux.

De pâles fleurs roses en fixent

Pour nos beaux yeux

Les teintes contrastées.

 

29/05/17

Ferragudo (face à Portimao).

Algarve


30/05/2017
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Portrait

Toutes ses maisons prennent de la hauteur. C'est là qu'il aime les aménager, les embellir... C'est un oiseau qui préfère se percher dans leurs branches, charpente d'où il guette au loin, où il peut s'éblouir à l'éclat flou de la pleine lune, où il peut s'approcher du ciel.

 

Au sol, il marche au contact de la terre et il danse. Il invite la passante, ses amis, sa famille à sourire avec lui. Il se fond dans les paysages ouverts, se mélange à la rivière, à la neige...le cœur ouvert.

27/09/15


28/09/2015
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Rencontre

Je le vois passer dans la rue presque chaque jour.

Je le reconnais de loin, avec son allure de barbapapa tout blanc, tout mou comme un chamallow décoloré, pas bien gros pourtant... Seuls ses cheveux et sa barbe noirs le rendent un peu humain.

On dirait que ses vêtements trop grands flottent autour de lui, comme un costume de cosmonaute passé à l'assouplissant. Ils amortissent chacun de ses pas élastiques, les plis horizontaux du tissu se soulèvent et s'abaissent au rythme de ses pas, en douceur...

Homme lunaire tombé sur Terre, il arbore la face de carême d'un Pierrot, la mine aussi avachie que sa silhouette crayeuse, grande pourtant.

Ce soir, en rentrant de la promenade avec mon chien, je voyais un homme au bout de la rue, près de la collégiale. Il était en grande discussion avec un compère. Je jetai un bref coup d’œil. Le compère n'était autre que le Pierrot lunaire.

Tiens ? Il est donc doué de parole, pensai-je...
 
Je l'imaginerais bien fromager, surtout quand il est chaussé de ses grandes bottes de plastique blanc, mais un fromager se promène-t-il en pleine rue en tenue professionnelle ;-) ? Au risque de contaminer son lieu de travail ?... C'est comme si un apiculteur venait faire ses courses en combinaison, chapeau voilé et l'enfumoir à la main !... Lorsqu'il laisse ses bottes au vestiaire, il se chausse de tennis blanches. Il reste dans son thème. Je propose qu'il se teigne les cheveux et la barbe en blanc. Pour parfaire le tableau !


15/09/15-17/09/15


17/09/2015
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POESIE DE RENTREE

Le ciel aujourd'hui ressemble à ma pierre
de calcite bleu.
A moins que ça ne soit le contraire...
Je m'y perds,
comme dans un univers
 inversé.
J'erre
au milieu
des sentiers d'air,
circonvolutions légères,
bleu
clair,

pans de ciel
chamarés,

rigoles à peine
tracées,
blanches prêtes à changer,
à se bleuter,
à déambuler
ou à se figer
dans la lisse pierre,
douce atmosphère.

 

          *****

 

Elles sont assises sur le même banc,
face à la collégiale,

légèrement tournées l'une vers l'autre,

Elles se parlent

avec douceur,

se sourient,
et c'est comme si
chacune parlait à elle-même.
Jumelles.

 

          14/09/15


14/09/2015
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