paroletsilencefheyoan

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Portrait...

Petite fleur des Alpes, versant italien, la linaigrette trempe son frêle pinceau blanc dans les couleurs des maîtres de la Renaissance... Elle découvre qu'elle apprécie la peinture au point d'en faire son vrai métier, même si le second lui permet de fréquenter les grands d'Espagne et lui offre la sécurité.

 
Elle est la seule peintre à grandir dans une famille dénuée d'artistes. Mais grâce à son père, sénateur et humaniste, elle reçoit, ainsi que ses petites soeurs, une vraie éducation artistique.
 
Elle apprend l'art et la manière. Pourtant, l'anatomie enseignée à ses confrères lui est interdite, parce qu'elle est femme. Elle se consacre aux portraits : sa mère, ses soeurs, elle-même, son maître Bernardino Campi, Philippe II d'Espagne... Tous ces regards profonds et sérieux interpellent le spectateur, invité à suivre par intuition les jeux des regards entre les personnages d'un même tableau. La linaigrette surprend de très rares sourires d'enfants, elle effleure alors leur espièglerie discrète ou leur retenue, dans la commissure des lèvres. La finesse de chacun des filaments de son pinceau la rend complice d'une scène où elle n'apparaît qu'en filigranne, puisqu'elle en est à la fois le témoin, le metteur en scène et le peintre.
 
Plus finement encore, elle s'adonne à la miniature.

 
Vers la fin de sa vie, elle confie à Van Dyck, venu lui rendre visite, que l'affaiblissement de sa vue la touche au plus profond de son art. A défaut des touches de couleurs qu'elle ne peut plus offrir, peut-être la linaigrette peut-elle encore sentir les touches du clavecin sous ses doigts agiles et translucides, comme elle le révèle dans un auto-portrait de ses jeunes années ?

 

 

11/05/15

 

 



11/05/2015
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